Ces députés FN qui nous rendent fiers
Publié le 6 Janvier 2015
" Nous, Aymeric Chauprade, député européen et Marion Maréchal-Le Pen, député nationale, sommes deux élus du Front National. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce parti politique français? Aujourd’hui notre mouvement est le premier parti de France. Notre progression est constante et tous les sondages d’opinion pronostiquent notre présence au deuxième tour de la présidentielle. Nous sommes aux portes du pouvoir et pour cette raison nous aimerions nous adresser à vous, chers amis Arabes, en toute amitié. L’arrivée du FN au pouvoir marquera une véritable rupture avec la politique étrangère menée depuis plusieurs décennies par les gouvernements Français. Depuis toujours notre mouvement dénonce l’alignement systématique de notre pays sur la politique américaine et s’est opposé de façon constante dans le débat politique aux ingérences illégitimes en Irak, en Afghanistan, en Syrie ou en Libye. Nous prônons le respect des souverainetés nationales et avons le souci de l’équilibre dans ce monde multipolaire où émergent face aux Etats-Unis et à l’Union européenne de nouvelles grandes puissances, parmi lesquels des grands acteurs régionaux comme l’Egypte, avec lesquels il faut dorénavant composer.
Le Proche-Orient connaît des souffrances qui semblent ne jamais devoir s’arrêter. Israéliens et Palestiniens se livrent une guerre sans merci depuis maintenant soixante-dix ans sans qu’aucun processus de paix, qu’aucune conférence internationale, qu’aucune pression de part et d’autre n’aboutisse à rien. De manière récurrente les Palestiniens perdent des milliers d’enfants, de femmes, d’hommes jeunes avides de mourir pour leur terre, tandis que les Israéliens connaissent sans répit les larmes et le sang, les attentats, les jeunes soldats sacrifiés, la peur des roquettes. Au point que l’on finit par se demander si le jour viendra où deux Etats, Israël et la Palestine vivront en paix l’un à côté de l’autre. On aurait pu croire que le temps serait à la lassitude de la guerre de part et d’autre, à la volonté d’en finir, de sacrifier chacun une partie de ses buts de guerre pour finir par construire une paix durable, fondée sur deux Etats voisins clairement délimités. Israël gagne chaque année de la terre et les Palestiniens des hommes. A la croissance démographique palestinienne à laquelle la ponction régulière de la guerre n’enlève rien, semble répondre l’avidité israélienne de conquérir toujours davantage de maisons à Jérusalem, d’oliviers et de champs en Cisjordanie.
Face à ce qui apparaît comme une guerre à mort entre deux peuples, la volonté d’en finir avec l’autre, explicite chez le Hamas et les faucons israéliens, résignée et non avouée au Fatah et chez les « modérés » israéliens, que peut finalement la France, elle qui croit en l’équilibre et la justice depuis toujours, elle qui aime à la fois les Arabes et les juifs, qui croit en la raison et donc dans le partage de la terre, de l’eau, des lieux saints ? De prime abord pas grand-chose car la paix ne s’impose jamais, elle ne s’exporte jamais par les canons, les sanctions, le boycott.
Il y a quelque chose de dérisoire, de tellement arrogant chez les Européens à vouloir décréter par le vote une solution à la guerre israélo-palestinienne.
Quand deux frères, ou un couple, se déchirent, on les invite à parler, on tente de les calmer, de les raisonner, mais on ne pense pas l’avenir à leur place. L’honneur de la France c’est son volontarisme et son humilité, ce n’est pas le diktat, la leçon de morale qui voudrait dessiner l’avenir du Proche-Orient à la place des Palestiniens, des Israéliens, des Egyptiens.
Apporter l’apaisement et la raison c’est expliquer à chacune des parties qu’il faudra faire des concessions pour finir enfin par vivre à côté. Israël a le droit à vouloir exister en tant qu’Etat Hébreux, dans la sécurité. Pour autant, la Terre Sainte ne saurait être seulement israélienne, car elle est de manière sacrée juive, chrétienne, musulmane. La paix ne peut partir que de cette acceptation de l’histoire de la Terre Sainte. Les Palestiniens ne peuvent être niés en tant que peuple. A ceux qui disent que ce peuple n’existe pas nous répondrons que la négation de son existence durant soixante-dix ans aura fini par créer une véritable nation palestinienne. Cette nation doit devenir viable, disposer d’un territoire, de ressources (l’accès à l’eau), d’une souveraineté réelle. Mais personne ne peut raisonnablement soutenir cela tant que le Hamas apparaît comme la force dominante chez les Palestiniens, elle qui n’a qu’un seul but, éradiquer « l’entité sioniste » d’une carte purement islamique dont elle rêve pour le Proche-Orient (davantage d’ailleurs que d’un Etat-nation palestinien).
Si nous arrivons au pouvoir nous tiendrons un langage de vérité aux deux parties. Ils disposeront de notre soutien pour une discussion sincère qui passe par des concessions de part et d’autre :
– Pour Israël rendre de la terre colonisée aux Palestiniens, reconnaître le droit aux Palestiniens à disposer d’un Etat territorialement cohérent (et pas un gruyère), des attributs de la souveraineté.
– Pour les Palestiniens éliminer du champ politique légal les forces bellicistes et terroristes comme le Hamas, renoncer au retour d’une partie des réfugiés (réalisme démographique), signer un accord de paix véritablement respecté comme préalable à la souveraineté, admettre la légitimité indiscutable d’Israël comme Etat hébreux , et que l’Etat palestinien sera un Etat national arabe-palestinien laïque (musulman et chrétien) et couper avec les idéologies qui depuis toujours instrumentalisent la question palestinienne au détriment des Palestiniens eux-mêmes.
Au pouvoir c’est ce langage de vérité, sans concession, que nous tiendrons, en dehors de toute considération communautariste et donc clientéliste en France.
Nous espérons que la République arabe d’Egypte, immense civilisation et mère des Arabes selon le récit biblique, sera notre partenaire dans cette politique de la vérité au Moyen-Orient."
