Marche républicaine pour #CharlieHebdo : le FN " persona non grata "...
Publié le 8 Janvier 2015
Extrait de : lesechos.fr
La marche républicaine à Paris, lancée mercredi soir par les partis de gauche après l’attentat contre Charlie Hebdo , aura finalement lieu dimanche. Initialement prévue samedi, elle a été décalée d’une journée, a annoncé Matignon. Ceci afin de permettre la plus grande participation possible, les Français étant davantage disponibles ce jour-là, et d’offrir à la police un délai un peu plus long pour organiser le rassemblement, selon un proche du Premier ministre. Elle se tiendra à Paris, à partir de 15 heures, de la place de la République à la place de la Nation.
L’UMP et l’UDI participeront dimanche à cette marche . L’ancien Premier ministre François Fillon a d’ores et déjà dit qu’il serait, « bien sûr », présent. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, qui a appelé dans un tweet « tous les Français à participer à cette marche ». « Soyons des millions », a-t-il ajouté.
Une réunion de préparation de ce rassemblement devait réunir ce jeudi après-midi le Parti socialiste, le Parti communiste français, Europe Ecologie-Les Verts, le Mouvement républicain et citoyen, le Parti radical de Gauche, le Parti de gauche, l’UMP, l’UDI, le Modem. Ainsi que Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France. Il s’agira d’examiner comment pourront être associées « organisations syndicales et associations », a souligné le député François Lamy, chargé de l’organisation de l’évènement pour le PS..
Les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative de l’islam de France, ainsi que l’UOIF (proche des Frères musulmans) ont appelé ce jeudi matin « les citoyens de confession musulmane à rejoindre massivement la manifestation ». Plusieurs organisations antiracistes (LDH, Licra, Mrap, SOS Racisme) qui avaient déjà appelé à des rassemblements ont décidé de se joindre à la marche républicaine.
Au-delà, c’est surtout la question de l’intégration du Front national à ce défilé qui est en question, alors que l’ensemble de la classe politique appelle depuis mercredi à l’union nationale. François Lamy a insisté sur le fait qu’étaient invités à préparer la manifestation les seuls partis « républicains ».
Le Pen : Une « manoeuvre politicienne minable »
« Nous ne sommes pour l’instant pas conviés » à la réunion préparatoire, a déclaré ce jeudi matin Marine Le Pen à l’AFP. Si elle sera reçue vendredi matin à l’Élysée par François Hollande, elle a dit attendre que le Premier ministre l’appelle pour lui proposer de participer à cette manifestation. Contactée par « Le Monde », la présidente du FN s’est indigné d'être tenue à l'écart et parle d'une « manoeuvre politicienne minable ». « Je ne demande pas à être intégrée à l’union nationale. L’union nationale ce n’est pas un chantage où on peut venir à condition de la fermer. Je n’entends pas me soumettre à ce chantage. Il y a un dévoiement total du concept d’union nationale. Nous en assumerons les conséquences », a-t-elle déclaré. Et de poursuivre « Si on ne m’invite pas, je ne vais pas m’imposer. C’est un vieux piège. Au moindre incident on dira que c’est de ma faute. »
Pour Jérôme Sainte-Marie (CSA), « ce serait un changement important dans la vie politique française si le Front national était intégré à des manifestations de rue ». Ce qui est en jeu selon lui : « L’adoubement républicain du FN ». « L’union nationale auparavant était relativement simple à organiser entre grands partis mais aujourd’hui il y a une force FN très positionnée sur islam-sécurité et dont l’intégration à l’union pose évidemment problème », commente-t-il. Selon lui, « on sort du formalisme républicain pour aller vers l’union, . Cela permettrait à l’UMP de « faire des alliances » avec le FN. En effet, s’ils sont intégrés dans une période de grande émotion nationale à l’arc républicain, de quel droit les rejeter ensuite? Comment faire ensuite pour dire que les exécutifs régionaux ne peuvent être élus avec des voix FN? », interroge-t-il. « Pour le FN, le débat est différent : il a à gagner si l’ostracisme tombe, ça lui donne une liberté de manoeuvre ».
Intégrer le FN au front commun serait, selon Jean-Pierre Dubois, le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme (LDH), « une excellente nouvelle pour le FN. Marine Le Pen a pu dire : vous voyez que nous avions raison, et en prime, il va y avoir une légitimation officielle ».
