La Chronique de Dominique C., Stéphanois

Publié le 17 Juillet 2015

La Chronique de Dominique C., Stéphanois

FRIFRI "La Boude"

J’ai l’habitude de fréquenter le Conseil municipal de Saint-Etienne depuis plusieurs années. Je connais donc bien André Friedenberg.

L’homme aura été, concomitamment ou alternativement conseiller communal, cantonal ou régional. Aujourd’hui il est conseiller d’opposition à la ville de Saint-Etienne, conseiller régional ...jusqu’en décembre. Monsieur Friedenberg est un professionnel. La politique est son viatique, même s’il est vrai que pour un socialiste il devient de plus en plus difficile de vivre sur l’os !

En fait André n’est pas vraiment socialiste ... il est radical de gauche.

C’est un peu pareil, mais en plus rond, plus rassurant. C’est sûr, chez les « rad’soc », on ne se ballade pas le couteau entre les dents !

Cette bonhomie doit lui servir puisqu’à dire vrai on ne lui connaît pas d’ennemis. André fait l’unanimité. Il est perçu comme un personnage patelin, aimable avec tous, et que tous appellent : "FRIFRI".

Au Conseil municipal il arrive, toujours souriant et chaleureux. Il serre les mains qui se tendent, quelque soit leur propriétaire. Il distribue les bises aux conseillères de son groupe, et salue très confraternellement ses camarades communistes, socialistes et écolos.

Il s’assoit à la place qui lui est réservée, et de là, jette un sourire au public. Bref, André semble un brave homme, sa mine gourmande et sa praxie de bon vivant dégagent une impression qui rassure. On lui donnerait le Bon Dieu sans confession.
Les interventions d’André au Conseil municipale sont plutôt rares, voire exceptionnelles.

Son cheval de bataille à lui, ce sont les affaires étrangères, une résurgence de son ancien mandat où il occupait, au côté de Maurice Vincent les fonctions de maire adjoint aux affaires internationales.

Il semble nostalgique de cette période qui lui autorisait, aux frais de la ville, quelques escapades sympathiques.

L’autre jour, lors du dernier conseil, André est intervenu sur des aides qui allaient être votées pour la Tunisie, et Madagascar. Pour une fois, lors de cette intervention, il montrait un visage qu’on ne lui connaissait pas. Il prononça quelques critiques à l’encontre de son successeur, et surtout, il déniait la qualité de « collègue » au pourtant très courtois Serge Horvath, élu du Front National. Celui-ci, comme à son accoutumé, avait lancé quelques vérités premières qui n’eurent pas l’heur de plaire à notre Rad’soc.

Il faut pourtant qu’il s’y fasse André, la vie politique à Saint-Etienne n’est plus un long fleuve tranquille. Le Front National est devenu au fil des élections le premier mouvement dans la ville et dans le département. Le FN ose, et le FN propose. L’époque du jeu de la barbichette a changé.
La dernière sortie du FN de Saint-Etienne qui voulait, comme la loi l’autorise, émettre un vœu au Conseil sur la réhabilitation de la peine de mort pour les terroristes a dû déstabiliser André, d’où son petit coup de « moins bien ».

Il a fait son temps André.

Dominique C., Stéphanois.