La Tribune de Serge Horvath, Conseiller municipal FN de Saint-Etienne
Publié le 5 Juillet 2015
LE DEVOIEMENT DU THEATRE, OU CE QUE L’ON NE VOUDRAIT PLUS VOIR
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Le Centre Dramatique National d’Aubervilliers a présenté le mois dernier une création théâtrale où les acteurs sont des « sans-papier » jouant, à entendre le pitch, leur propre rôle ; l’apitoiement et la bien-pensance étaient de rigueur. Le spectacle qui sera repris en Avignon puis en octobre à Aubervilliers est en fait un plaidoyer pour la régularisation à outrance.
On aime bien ce que les Centres Dramatiques Nationaux ont apporté. L’avènement de ces foyers de création a, sans aucun doute, été un facteur d’émancipation artistique de nos provinces, même si l’utopie populaire où ils se laissaient bercer, était vouée à la déconvenue. L’idéal de Jeanne Laurent s’est fracassé sur d’implacables réalités sociales et culturelles : il n’y a pas plus d’ouvriers au théâtre qu’il n’y a de conviction chez un socialiste, et le bobo règne en maître dans les CDN. Or le bobo n’aime rien moins que la subversion, surtout si celle-ci ne suggère aucun risque pour lui. Dans le cas qui nous intéresse, l’interdit s’harmonise parfaitement avec l’air du temps : permissivité et démagogie. De fait les « acteurs » de ce spectacle, n’ayant pas de papier, n’auraient dû ni travailler, ni être rétribués. Or, chacun aura pu constater que la troupe a bel et « bien » joué, en toute illégalité .
On apprend aujourd’hui que le préfet de Seine-Saint-Denis, lui-même, s’est rendu au spectacle. Le représentant de l’Etat a donc cautionné la délinquance économique au cœur même de la création subventionnée ! Evidemment selon les laudateurs de l’ « évènement » dûment interviewés par France Culture, des négociations ont eu lieu pour la régularisation de tous les acteurs et de tous leurs accompagnants, pas moins de 80 personnes !
Les vrais comédiens à la recherche d’emplois seront sûrement ravis d’apprendre : primo, que de faux acteurs ont pris leur place dans une production où le militantisme supplante de beaucoup la qualité artistique, deuxio, que les autorités soutiennent ici une gabegie culturelle, morale et juridique...
Serge Horvath
Conseiller municipal Front National de Saint-Etienne
Membre du CAP Culture