- A l’ombre de mon clocher

Publié le 11 Août 2011

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La chronique de François Monnestier

La nouvelle mode, le grand chic en ces temps de ramadan estival est le tour de France des mosquées. Je ne plaisante pas du tout et je suis très sérieuse. C’est en tout cas l’initiative, relayée d’ailleurs par le très libéral site Atlantico, de Baddre-Eddine Bentaib, fondateur et protagoniste principal du « Ramadan Road Trip » qui a débuté le 1er août en même temps que le Ramadan. Ce zélé prosélyte veut encourager les non-musulmans à connaître l’islam de l’intérieur. Sur son site, créé il y plus de deux ans et consacré aux lieux de culte musulman existant dans notre pays, filme l’intérieur des trente mosquées choisies pour le périple, interroge les imams et veut ainsi faire des émules. On est loin du « Tour de France par deux enfants »… Et la volonté de manipulation des esprits est patente. L’idée d’un tel périple lui est venue curieusement des Etats-Unis. Il a découvert, en effet, sur le Web deux musulmans américains qui avaient décidé de visiter durant le mois de ramadan trente mosquées à New-York et de faire partager leur aventure qui se poursuivit, l’année suivante, par la visite de trente mosquées supplémentaires choisies sur l’ensemble du territoire américain. Son tour de France cultuel n’est pas financé par l’ambassade américaine, mais par un restaurant hallal de Stains. Une visite sur son site trouvetamosquée.fr est instructive. On y apprend, au passage, la conversion récente de Dylan un jeune français de onze ans, visiblement conquis par le message de l’islam et escorté par sa mère pour la cérémonie. L’histoire se passe à la mosquée de Béziers, longuement visitée il y a quelques mois par les élèves d’une école catholique de la ville dont les responsables militent sûrement pour le dialogue des religions ! Baddre-Eddine Bentaib, sur sa page Face-Book avoue d’ailleurs se réjouir de toutes les conversions à sa religion.

Alain Juppé doit être un visiteur attentif de ce site, lui qui vient d’offrir pour l’euro symbolique un terrain de 8.500 m² assorti de 677.000 € d’espèces sonnantes et trébuchantes, le tout destiné, bien sûr, à la construction d’une mosquée pour les musulmans bordelais ! A Nantes, la nouvelle mosquée de 2.100 m² coûtera 200.000 € à la municipalité socialiste, celle de Colmar 200.000 €. A Paris, la nouvelle mosquée qui éviterait –dit-on- les prières de rue va coûter la bagatelle de 22 millions d’euros, Delanoé s’engageant, en plus, à voter une subvention annuelle de 696.000 €. Et c’est encore une fois ce pauvre Bitru qui est mis à l’amende.

 

Dans le même ordre d’idées, on apprend que l’ambassade américaine à Paris poursuit son offensive de charme en direction des musulmans français. Elle organise, en liaison avec l’Université d’Harvard, l’Institut des Cultures d’islam et la mairie de Paris -toujours elle- un festival des cultures d’islam au mois de septembre prochain. Le tout est censé proposer un regard nouveau sur le « croisement d’influence, entre le spirituel ou la musique traditionnelle de l’islam et les accords américains » avec notamment la programmation de musique punk, jazz et rapp à la sauce islamique. Les responsables de l’ambassade, obéissant aux ordres de Barack Obama, veulent changer l’opinion des musulmans de France sur les Etats-Unis « afin de parler autrement du 11 septembre, de l’islam et des Etats-Unis ».

Avant d’aller s’immiscer dans les affaires intérieures de la France, ils feraient bien d’arrêter les opérations militaires en Afghanistan et de cesser leurs magouilles déstabilisatrices en Lybie. Mais ceci est une autre histoire.

 

Les émeutes anglaises du ramadan

Six ans après les émeutes françaises du ramadan en novembre 2005, les Anglais ont eu droit aux mêmes scènes de pillage, aux mêmes incendies criminels, aux mêmes agressions. Avec cependant un degré supplémentaire dans la violence et la sauvagerie employées. On a ainsi vu des Britanniques de souche humiliés par leurs agresseurs de couleur. Ils les ont contraints à se mettre nus pour s’approprier leurs vêtements. On a filmé un gamin d’une dizaine d’années à terre, le visage en sang alors qu’il venait de se faire dépouiller de son portable et de quelques affaires scolaires. Contrairement à ce que disent certains ou à ce qu’écrivent les journaux français, ces émeutes ne sont pas une forme moderne de jacquerie. En fait, elles signent l’échec du multiculturalisme et du communautarisme, vantés à la fin des années 60 par le ministre de l’intérieur travailliste Roy Jenkins qui mit en place le système qui vient d’exploser à Londres et dans les grandes villes du pays. Tottenham, la ville d’où sont parties les violences, se vantait d’être le laboratoire du multiculturalisme. Après les émeutes françaises du ramadan de 2005, des responsables socialistes d’Evry avaient même fait le déplacement, voulant prendre des leçons et s’inspirer de la politique de promotion des minorités ethniques menée par les édiles locaux. Et voilà que le laboratoire vient de sauter, avec les dégâts que l’on sait . Comme quoi, on ne peut pas jouer au petit chimiste impunément et en toute sécurité !

Les responsables politiques britanniques, David Cameron en tête, ont oublié les attentats meurtriers de juillet 2005 à Londres : plus de cinquante morts, plus de 700 blessés. Les auteurs de cette tuerie collective étaient pourtant de brillants sujets de confession musulmane et de nationalité britannique, tous nés en Grande-Bretagne et élevés dans le moule du multiculturalisme imposé par les travaillistes voici plus de quarante ans. En fait les responsables politiques de droite ou de gauche refusent de prendre en compte la cassure entre les Britanniques de souche et ceux pour qui l’adhésion à l’oumma, la communauté musulmane, est plus forte que leur appartenance à la société du pays qui les a vus naître. Même chose d’ailleurs pour les immigrés originaires de la Jamaïque, à l’image de Mark Dugan, tué lors d’un échange de coups de feu avec la police et dont la mort a déclenché les émeutes anglaises du ramadan. Il faisait partie d’un groupe criminel londonien lié à un groupe jamaïcain de Kingston. En 1985, lors des émeutes raciales de Tottenham, ce groupe- les Tottenham Man Dem – avait déjà défrayé la chronique en faisant tout pour décourager la police d’intervenir sur leur territoire.

Le modèle britannique vole en éclats car la loi de la jungle a remplacé l’Etat de Droit. Rentré précipitamment de vacances, David Cameron a montré ses biceps, élevé la voix et tenté de calmer la colère de ses compatriotes. Bref il a fait son petit Sarkozy, mais il s’est bien gardé de revenir sur son discours de février dernier, dans lequel il remettait en cause, lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le modèle multiculturel anglais en ces termes : « Avec la doctrine du multiculturalisme d’Etat, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées les unes des autres. Nous avons toléré des communautés pratiquant la ségrégation et se comportant de manière totalement opposée à nos valeurs ». Soit. Mais la seule réponse apportée par David Cameron à la guerre ethnique déclarée au peuple britannique est d’autoriser l’emploi de canons à eau et de matraques. Un peu léger, non ?

En 1968, alors que la gauche préparait des lois contre la discrimination raciale, Enoch Powell, figure majeure du parti conservateur dotée d’un immense charisme, prononça un discours prophétique sur l’immigration. Il n’allait dans le sens du vent et lui valut un véritable bannissement de la part de la classe politique alors que le peuple britannique lui apportait un soutien massif. Que disait-il ? : « Nous devons être fous, littéralement fous à lier dans ce pays, pour autoriser chaque année l’entrée de 50.000 personnes qui seront à l’origine de la future augmentation de la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays construire frénétiquement son propre bûcher funéraire ». Sa prophétie s’est réalisée le 6 août 2011.