- Convention du Crif : et si la laïcité amplifiait le communautarisme en France ?
Publié le 24 Janvier 2013
Par Anthony Haus, adhérent Monts du Forez : Lors de la récente convention du Crif, Dov Maimon, chercheur au Jewish People Policy Institute de Jérusalem, a repris en quelques lignes un compte-rendu qu'il a précédemment présenté au gouvernement israélien, devant la Knesset, au congrès des Ambassadeurs israéliens et enfin aux dirigeants juifs américains, sur l'avenir des juifs d'Europe et plus précisément, des juifs de France.
Ainsi, Dov Maimon explique que "l'espace français n'est pas propice au développement d'un judaïsme à l'aise dans ses baskets," mais également que les "juifs de France sont mal structurés et souvent déstabilisés."
Il est vrai qu'en France, il n'existe pas de nombreuses associations, toutes subventionnées par l'Etat, luttant contre l'antisémitisme en insistant sur le devoir de mémoire (Mrap, Sos Racisme, Crif, etc.).
Il affirme que "l'Etat français doit décider s'il souhaite une communauté juive florissante sur son territoire, ou s'il est prêt à s'accomoder de sa disparition progressive."
Nous rappellerons à ce brave homme que la République française est "indivisible, laïque, démocrate et sociale." Donc par essence, l'idée d'une communauté autre que la communauté nationale est un non-sens absolu.
Maimon termine en affirmant que "si l'Etat français aspire à un judaïsme florissant, les pouvoirs publics peuvent intervenir sur plusieurs plans essentiels." Il en cite deux :
"1. Veiller à ce que les juifs qui le désirent puissent pratiquer leur culte. Cela passe par des mesures fortes au titre desquels il y aurait à protéger légalement les pratiques de la circoncision, de l'abattage rituel, mais aussi trouver des solutions pour que les juifs pratiquants puissent sortir de leurs immeubles le samedi, et adopter le calendrier des examens publics pour leur permettre d'étudier librement dans les universités françaises, comme cela se fait déjà en Italie.
2. Soutenir les efforts de la communauté. Le seul grand bailleur de fonds juif en France est la FMS, dont l'argent provient de biens juifs spoliés par les nazis. Sur un budget annuel de 21 millions d'euros, 10 sont consacrés au Mémorial de la Shoah. Si à l'instar de la Maison du Monde Arabe, et de l'Institut des Cultures d'Islam, ce mémorial qui fait partie du patrimoine historique de l'ensemble des Français, comme d'ailleurs le Mémorial de Drancy qui va coûter 15 millions d'euros à la communauté, était pris en charge par l'Etat, la communauté aurait les fonds nécessaires pour lancer des programmes efficaces dans ses écoles, dynamiser des jeunesses, former ses cadres et assurer sa pérennité."
De notre côté, nous conclurons en rappelant à M. Maimon que la laïcité en France est "un principe qui distingue le pouvoir politique des organisations religieuses - l'Etat devant rester neutre. A travers la laïcisation de la société, il ne s'agit pas pour la République de combattre les religions, mais d'empêcher leur influence dans l'exercice du pouvoir politique et administratif, et de renvoyer parallèlement les idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la liberté de conscience individuelle et à la liberté d'opinion."
Vous comprendrez donc, M. Maimon, que votre étude, qui vise à avantager scrupuleusement la communauté juive de France au nom de la laïcité, ce qui est par principe anti-républicain, si elle est applicable en Israël, n'a pas lieu d'être en France. Une minorité ne peut pas imposer ses us et coutumes à tous les Français.
Les juifs de France se doivent d'assimiler un modèle social unique, celui de la République indivisible, laïque, démocrate et sociale.
(Pour lire la totalité de l'intervention de Dov Maimon sur le site de l'association subventionnée par l'Etat français, le Crif, cliquez ci-après : "Convention du Crif")