- En meeting à Parigny : Marine Le Pen se voit déjà dans les habits de son père
Publié le 22 Novembre 2010
Toute en retenue. Ne comptez pas sur Marine Le Pen pour faire un bon mot aux dépens de celui qu'elle appelle « Bruno » (Gollnisch, Ndlr) durant cette campagne pour la présidence du Front national. La fille de l'actuel président du parti d'extrême droite en fait même des tonnes devant la presse lorsqu'elle réfute le terme « d'adversaire » lui préférant celui de « compétiteur ». Se félicitant même que « Bruno ait pris ses distances avec des éléments extérieurs qui polluent le débat interne ». Allusion au directeur d'un journal d'extrême droite contre qui elle a porté plainte pour injures. Mais malgré ses assauts d'amabilités, Marine Le Pen n'en oublie pas de bien marquer leurs divergences. « Bruno est favorable au retour de dissidents. Pas moi. Et il n'est pas en désaccord avec l'idée d'une alliance avec l'UMP. Pour moi c'est très clair : elle ne peut se faire, car avec l'UMP il n'y a pas une différence de nature, mais de degré. Ils sont mondialistes, nous sommes nationaux », tonne Marine Le Pen, qui explique pouvoir compter sur le soutien de 75 % des secrétaires départementaux. Et un sondage qui la place en troisième position au premier tour des présidentielles ne fait que renforcer sa confiance. « Cela doit amener nos militants à réfléchir car il ne faudrait pas prendre nos électeurs à contre-pied », explique Marine Le Pen, qui a déjà endossé le costume de candidate du Front national à l'élection présidentielle de 2012.
C'est ce qu'elle est venue expliquer aux militants ligériens, hier soir à Parigny, près de Roanne. Son programme et aussi ses ambitions pour « une France qui a perdu sa souveraineté et dont les acquis sociaux sont privatisés au profit des amis de Sarkozy ». Un président de la République qu'elle a vu endosser « les habits de Chirac » lors de son allocution télévisée.
Ce qui la rend encore plus optimiste que « le FN puisse refaire le coup d'avril 2002 et être présent au second tour. » Car pour Marine Le Pen, « le vote FN n'est plus seulement politique mais également culturel. Car il s'agit de sauver notre civilisation. » Chassez le naturel…
Max Chapuis
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