- Jura - Faits divers. La cavale médiatisée de Saïd Bahmed se termine en queue de poisson

Publié le 11 Août 2011

Vol, violence, outrages ou menaces, à 24 ans, Saïd Bahmed a déjà un palmarès éloquent et c’était la 3 e fois qu’il faussait compagnie à l’administration pénitentiaire /Photo capture d’écran France 3 Franche-Comté

Vol, violence, outrages ou menaces, à 24 ans, Saïd Bahmed a déjà un palmarès éloquent et c’était la 3 e fois qu’il faussait compagnie à l’administration pénitentiaire /Photo capture d’écran France 3 Franche-Comté

 

Besançon. Le jeune évadé du palais de justice de Besançon qui a défié police et Justice avec un clip diffusé sur Internet puis une interview à la télévision, a été cueilli au petit jour, hier matin, dans sa planque de son quartier

 

Dans sa dernière prestation médiatique, lundi sur France 3 Franche-Comté, Saïd Bahmed assurait bien vouloir se rendre « s’il était placé en détention à Besançon ou dans les environs ».

Un conditionnel qui faisait quelque peu sourire l’autorité judiciaire, et pour cause.

Mercredi matin les gendarmes et policiers qui ont forcé la porte de sa planque ne venaient pas négocier quoi que ce soit mais tout simplement mettre un terme à un mois et demi de cavale. Paradoxalement, les désidérata de l’évadé du palais de justice seront sans doute exaucés.

Placé en garde à vue à la gendarmerie de Besançon, il doit être jugé aujourd’hui en comparution immédiate et, s’il demande un délai pour préparer sa défense, il sera vraisemblablement incarcéré à la maison d’arrêt de la capitale comtoise. En tout cas provisoirement jusqu’à son procès qui serait fixé dans quelques semaines.

Reste que depuis 7 heures du matin hier le jeune délinquant bisontin n’est plus en mesure de fixer des conditions ou de crâner en défiant les forces de l’ordre.

A l’heure du laitier, c’est une équipe mixte de policiers et de gendarmes qui après avoir ouvert plusieurs portes du quartier des Clairs-Soleil a fini par tomber sur la bonne.

A l’intérieur de ce local technique situé au premier étage d’un immeuble, plusieurs jeunes parmi lesquels le très médiatisé Saïd Bahmed. Parfaitement conscient de la fin de son aventure il s’est rendu sans faire de difficultés. Les trois autres jeunes présents ont fait l’objet de contrôles d’identité de la part des enquêteurs. Mais tous étant en règle et inconnus de leurs services, ils ont été laissés en liberté. Transféré à la gendarmerie, Saïd Bahmed a été placé en garde à vue. Il était entendu par les enquêteurs de la brigade des recherches durant la journée sur les circonstances de son évasion du palais de justice le 27 juin dernier.

Après avoir faussé compagnie à son escorte, profitant d’un espace libre sous la porte basculante du garage qui se refermait, le jeune délinquant s’était enfui menotté dans les rues du centre ville.

Après s’être débarrassé de ses entraves, il aurait quitté Besançon, a-t-il assuré aux enquêteurs avant de « naviguer dans différentes villes » puis de rejoindre son quartier de naissance aux Clairs-Soleil. Des déclarations qui faisaient hier « l’objet de vérifications » selon le procureur de la République M. Alain Saffar.

Le magistrat précise que l’arrestation du fuyard a été rendue possible grâce à des renseignements « recoupés », obtenus à la fois par les policiers et les gendarmes. « L’intervention a été décidée alors que nous avions deux points de chute possible. Il était bien dans l’un d’eux » Restent plusieurs questions auxquelles s’efforcent de répondre les enquêteurs. A-t-il bénéficié de complicités lors de sa cavale et lesquelles ? Où a été tourné le clip qui a fait le buzz sur Internet (360 000 visionnages hier en milieu de journée) et dans lequel l’évadé nargue et insulte les forces de l’ordre ? Outre les faits d’évasion, il pourrait d’ailleurs être poursuivi pour outrages comme l’avait indiqué la semaine dernière un substitut bisontin à la suite du visionnage de ce clip. Pour l’heure, sa comparution immédiate cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Besançon ne portera que sur sa retentissante évasion en récidive.

Vol, violence, infraction à la législation sur les stupéfiants, outrages ou menaces, le casier judiciaire de Saïd Bahmed porte à 24 ans une vingtaine de mentions.

Une « carrière » entamée lors d’une adolescence tumultueuse, le jeune Bisontin ayant été rappelé à l’ordre par la justice à 8 reprises avant d’avoir atteint sa majorité. Lors de son évasion, il purgeait plusieurs peines à la maison d’arrêt de Châteaudun en Eure-et-Loir et était libérable en février 2012.

Le 27 juin, il était transféré au palais de Justice de Besançon pour y être jugé pour des violences (sans interruption de travail) sur sa compagne et la mère de celle-ci. Des faits qui lui ont valu un an de prison ferme en son absence pour cause d’évasion juste avant l’audience.

D’évidence le jeune délinquant ne supporte guère l’incarcération puisque c’est la 3 e fois qu’il fausse compagnie à l’administration pénitentiaire. Il a déjà été condamné pour une précédente évasion fin 2007 et au mois de mars dernier il récidivait en ne regagnant pas sa maison d’arrêt à l’issue d’une permission de sortie. Dans son clip diffusé sur Internet, il évoque la dureté des conditions de détention et son refus de regagner Châteaudun.

Pascal Busy
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