- La majorité de la planète demande à Israël d'évacuer le Golan
Publié le 3 Décembre 2012
Un malheur (diplomatique) arrivant rarement seul, Israël, après la claque historique de la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur à l'ONU, acquise à une large majorité de l'Assemblée générale des Nations Unies, vient d'être sommée par cette même AG de l'ONU de se conformer enfin à certaines décisions politiques et symboliques majeures : renoncer à Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu, et annuler ou renoncer à "toutes les mesures et décisions législatives et administratives prises par Israël, puissance occupante, qui ont modifié ou visaient à modifier le caractère et le statut de la ville sainte de Jérusalem", "mesures nulles et non avenues" pour la majorité des nations présentes à l'ONU.
C'est clair autant que sévère, et Israël peut mesurer le "chemin parcouru" par son image dans l'opinion internationale depuis les temps lointains - et heureux pour lui - de la guerre des Six jours. Et l'AG de l'ONU ne s'arrête pas là, demandant au pays de Peres et Netanyahu d'évacuer sans tarder les hauteurs des plateaux du Golan, territoire syrien occupé, puis carrément annexé (1981) par Israël à la faveur de la guerre de 1967, et violemment disputé lors de la guerre dite du Kippour en 1973 !
Territoire stratégique, tant d'un point de vue militaire qu'économique (hydrographique pour être plus précis, Israël assurant un tiers de son alimentation en eau depuis le plateau), le Golan est, depuis, l'Alsace-Lorraine de la Syrie, dont une partie est devenue un No Man's Land surveillé par des casques bleus. Qui n'empêchent pas des allées et venues de combattants rebelles dans ce secteur : la riposte des forces syriennes dans le secteur de la ville morte de Quneitra, a d'ailleurs entraîné de récents échanges de tirs avec Tsahal, l'armée israélienne.
Que l'AG de l'ONU dans le contexte syrien que l'on connait, reprenne une revendication fondamentale de la Syrie - et la Syrie légale, c'est toujours pour une majorité de la planète, celle de Bachar Al-Assad - est une nouvelle démonstration de l'isolement de l'Etat hébreu, et de son complice américain. Au fait, le Qatar et l'Arabie Saoudite, ont-ils soutenu cette légitime cause arabe ?