- Le Progrès : du 1er avril [Loire] Le Front national n’exclut pas « d’arriver en tête au premier tour
Publié le 2 Avril 2012
(loire) – 1er avril 2012
P
olitique. Louis Aliot, le numéro 2 du FN, était hier dans la Loire. « Il y a un ras-le-bol généralisé ; on le constate tous les jours sur le terrain », a-t-il dit à ses troupes.
Calme et détendu. Même pas inquiet, Louis Alliot. Hier, au château de Magneux-Haute-Rive, en plein cœur du Forez, il est venu rencontrer les adhérents de son parti. Et faire le point, avec eux, sur la situation, à trois semaines du premier tour de la présidentielle. Et pas question de se laisser embarrasser par les sondages. Car pour lui, le baromètre de la présidentielle, c’est le terrain. « Il faut voir l’accueil que nous avons sur les marchés, dans la rue. Les retours sont très bons. Les gens nous parlent naturellement », explique la présidente départementale, Sophie Robert. Comme si le FN était devenu un parti presque comme les autres. Décomplexé.
« Les gens en ont ras le bol du mensonge, de l’insécurité, de l’immigration, de ne plus pouvoir boucler leurs fins de mois et de ce qu’ils vivent au quotidien », affirme Louis Alliot.
Cette élection lui rappelle celle de 2002
« Tout s’était joué les derniers jours et les courbes avec Jospin s’étaient croisées la dernière semaine », rappelle Louis Aliot, qui ne voit pas « pourquoi Sarkozy ferait mieux cette fois-ci qu’il y a cinq ans ».
Alors, au FN, on se prend à rêver, à y croire… Et quand on interroge Louis Aliot sur le score que son parti pourrait faire au soir du 22 avril, il n’exclut pas d’arriver en tête au premier tour, sans trop oser le dire : « Ce serait un très beau signe pour la France ».
Même si, pour l’instant, c’est bien Jean-Luc Mélenchon qui occupe le devant de la scène. « Quand je vois le drapeau soviétique qui flotte dans ses meetings, je vois le drapeau nazi », lance Louis Aliot, qui revient aux fondamentaux du FN, avec, dernière proposition en date, le retour du service militaire obligatoire pour tous les jeunes. « L’idée, c’est de faire prendre conscience à la jeunesse qu’elle a des devoirs envers la France. C’est un investissement pour l’avenir », explique M. Alliot. Et d’ajouter : « Si le service militaire était encore en place, nous n’aurions peut-être pas eu ce qui est arrivé à Toulouse ».
Hier, à Magneux-Haute-Rive, Louis Aliot a donné une image décomplexée du FN, loin des vieux démons qui ont hanté le parti. Sans agressivité. Sans haine. Parlant tantôt de sécurité « avec une tolérance zéro », tantôt d’enseignement avec le retour de l’histoire de France dans les programmes, mais aussi et surtout de la discipline à l’école. Sarkozy ne semble plus être sa préoccupation : « Comment voulez-vous qu’il fasse 30 %. En 2007, c’était un produit nouveau ». Quant à Hollande, « il nous ferait presque regretter Ségolène ! » De quoi rebooster les équipes du FN avant la venue de Marine Le Pen samedi à Lyon. Une candidate qui pourrait peut-être faire un détour par la Loire avant le 22 avril.
Frédéric Paillas