- Le progrès du 6 avril 2012 : « La Marine pour vous sauver ! »
Publié le 8 Avril 2012
Feurs. Au porte à porte, le FN préfère les tractages sur les marchés. « Ça se passe beaucoup mieux qu’avant » disent les militants.
Programmes et tracts dans le coffre de la voiture. Mercredi matin à Feurs, Sophie Robert, secrétaire départementale du FN et conseillère régionale, a organisé un énième tractage sur le marché. Après des épisodes houleux dans le quartier de La Chapelle à Andrézieux et à Rive de Gier, où les militants ont été pris à partie, la distribution s’est déroulée dans une atmosphère largement moins hostile.
« Les autres, ils font trop de promesses. Quand Marine parle de freiner l’immigration, on la croit ». Raymonde et Roger n’en souffrent pas au quotidien, mais les deux retraités affirment « qu’il y a trop d’immigrés ». C’est la seule raison pour laquelle le couple votera FN, parce que le reste du programme, il n’en connaît pas une ligne. Et il s’en moque un peu.
Côté militants, on affiche le sourire des grandes occasions. « Il y a cinq ans, les distributions étaient très difficiles. Les gens n’osaient pas prendre les tracts. Aujourd’hui, ils viennent à notre rencontre, en demandent pour les autres ». Pour Sophie Robert, c’est l’effet Marine Le Pen. « Nous allons dépasser le millier de militants encartés. Quatre-vingts bénévoles sont mobilisés en permanence pour les tractages sur les marchés et dans les boîtes aux lettres.
Marie-Charlotte et Jérémy ont 18 et 20 ans, et l’enthousiasme de leur jeunesse. Militants FN, sans travail, ils habitent Saint-Romain-le-Puy. « On a voulu ouvrir un commerce d’électroménager, mais les banques ont refusé de nous prêter de l’argent ».
Sans perspectives, ces deux jeunes portent haut l’idée de Marine Le Pen de réindustrialiser la France pour créer des emplois. En attendant des jours meilleurs, ils tractent.
A quelques mètres, Philippe, forain de 45 ans, n’attend qu’un geste. « Je voterai pour celui qui détaxera le gas-oil ». Il ne pense pas que Marine Le Pen puisse répondre à ses attentes, mais les autres candidats non plus. Seul avec ses problèmes, le vendeur de fleurs répond à une cliente quand les « tracteurs » ont déjà passé leur chemin. « La Marine pour vous sauver ! » martèle Séverine Brun, ancienne candidate aux législatives et aux cantonales dans la Loire.
Sceptiques, Cédric et Vanina, au chômage, n’attendent rien de cette présidentielle. « Mon contrat d’intérim s’est arrêté et je n’ai rien d’autres, avoue ce Forézien. Ma préoccupation, c’est de trouver un boulot, pas d’aller voter ».
Face à la réalité de certaines situations, le discours protecteur du FN ne peut rien. Mais pas le temps de s’apitoyer. Ce mercredi après-midi, c’était séance boîtes aux lettres. « Venez au QG de campagne le 22 avril, invite Séverine Brun. Vous verrez, on sera premiers ! On parie ? ». J’aurais dû ?
Frédéric Blanc le Progrès