- lu sur le progrès :Société. Demandeurs d’asile : créer des centres d’accueil plutôt que les loger dans les hôtels

Publié le 19 Septembre 2012

L’ancien Foyer des Roses à La Tour-en-Jarez est l’une des pistes étudiées par la préfecture . Photo Christina SabatierLe nombre de demandeurs d’asile augmente chaque année dans la Loire. Ceux-ci sont logés de plus en plus dans des hôtels, un hébergement « peu satisfaisant » et qui coûte cher à l’État. La préfète veut donc créer des centres d’accueil, répartis dans le département. L’ancien Foyer des Roses à La Tour-en-Jarez est l’une des pistes étudiées par la préfecture . Photo Christina Sabatier

Ils sont actuellement 1 352 dans la Loire, à attendre une réponse à leur demande d’asile. Ils sont Congolais, Russes, Arméniens ou Chinois, et se disent en danger dans leur pays.

Alors, en attendant que leurs procédures de demande d’asile arrivent à leur terme, l’État doit les loger, tradition française d’hospitalité oblige. Et cette procédure est longue : 18 mois en moyenne.

Dans la Loire, la prise en charge des demandeurs d’asile coûte 11 millions d’euros par an.

Si 340 d’entre eux sont hébergés dans des centres d’accueil de demandeurs d’asile gérés par des associations (150 places à Saint-Etienne et Firminy, 100 à Andrézieux et 90 à Roanne), 1 012 autres bénéficient de places en hébergement d’urgence, dans des appartements ou des chambres d’hôtel. « C’est trop », lance la préfète, Fabienne Buccio. « Les conditions d’accueil dans les hôtels ne sont pas satisfaisantes : il n’y a pas de cuisine, pas de quoi laver le linge, pas de lieu où les enfants peuvent faire leurs devoirs au calme… » Et ça coûte cher : alors que l’État dépense 14 à 15 euros par jour et par personne dans un centre d’accueil, la nuit d’hôtel lui coûte 17 euros par personne.

« En 2008, il y avait 559 demandeurs d’asile dans la Loire. Aujourd’hui, on en est à 1 352. Il faut faire quelque chose, d’autant que la situation budgétaire ne permet pas de dépenser plus de 11 millions d’euros par an », explique la préfète.

La seule solution est donc de créer de nouveaux centres d’accueil pour demandeurs d’asile, répartis dans tout le département. Les associations ont donc listé des sites possibles.

« J’ai envoyé une lettre à tous les maires du département. Autant vous dire qu’elle n’a pas soulevé un enthousiasme délirant ! », regrette-t-elle.

Certains maires sont même formellement contre la création d’un tel centre dans leur commune. « Pourtant, dans les communes où ils existent déjà, il n’y a aucun problème. Les habitants ne savent parfois pas qu’il y a un lieu d’accueil des demandeurs d’asile près de chez eux », assure Fabienne Buccio.

A Saint-Chamond, c’est le conseil d’administration de l’association propriétaire d’une annexe du lycée Saint-Ennemond qui a refusé que soient installés des demandeurs d’asile. « Les membres du conseil d’administration ont probablement pris peur, ne sachant pas vraiment ce que sont des demandeurs d’asile… », suppose la représentante de l’État.

En revanche, deux projets semblent mieux partis : à La Tour-en-Jarez et à Marlhes, dans deux anciennes maisons de retraite.