Pour sa deuxième visite dans la Loire, hier à Saint-Galmier, Bruno Gollnish, qui conduit la liste du FN en Rhône-Alpes, arborait un très large sourire, aux côtés de Charles Perrot et de ses colistiers. Un sourire qui en dit long sur leurs espoirs d'être au second tour de cette élection, « face à l'UMPS, le seul parti qui dirige la région Rhône-Alpes ». Et si les candidats FN ont le sourire, c'est parce que sur le terrain, les retours de campagne sont bons. C'est tout au moins ce qu'a constaté ces derniers jours Charles Perrot : « Quand les gens nous voient sur les marchés, dans la rue, ils voient des gens comme eux, vachement bien et ça, ça les rassure. Et ils comprennent que tout le mal qu'on dit sur le Front national, c'est faux… » Jamais le FN n'avait été aussi décomplexé. À commencer par Bruno Gollnish, qui affichait clairement hier qu'il n'aurait aucun mal à constituer un exécutif avec les élus qui sont à ses côtés, « des hommes et des femmes attachés aux valeurs françaises ». Car si jusqu'à présent, figurer sur une liste du FN était « une preuve de courage », tout cela c'est du passé, estime Charles Perrot, qui trouve aussi que les électeurs se sont décomplexés : « Des électeurs qui n'hésitent plus à dire qu'ils votent FN pour défendre la France ».
Hier, les deux leaders ont à nouveau montré du doigt l'UMP et le PS : « adversaires pendant la campagne électorale, ils sont complices à la Région, où ils votent ensemble 95 % des dépenses. Seul le Front National s'oppose à ce manège insupportable des élus socialistes et de leurs clones de l'UMP », explique Bruno Gollnish, qui veut favoriser les PME et les très petites entreprises, « les seules qui créent véritablement les emplois dont nous avons besoin », en leur versant 10 000 à chaque embauche nouvelle en contrat à durée indéterminée. « Il vaut mieux donner de l'argent à ceux qui travaillent plutôt que d'être au chômage », estime Bruno Gollnish. A une semaine du scrutin, Charles Perrot lance un appel aux mécontents, à ceux qui seraient tentés de ne pas aller voter : « s'abstenir est une erreur, ce serait faire le jeu du système. »
Frédéric Paillas
leprogres.fr le 07/03/2010