#Société, qu'as-tu fait de nous ? Société, laisse de la place à la fragilité.
Publié le 16 Juin 2015

De la fragilité.
Société normalisée, tu nous dis que Vincent Lambert souffre, et qu’il est plus humain de le tuer. Mais, s’il souffre, c’est qu’il ressent les choses, n’est ce pas ? Crois tu, société civilisée, qu’il ne va pas ressentir qu’on le laisse mourir de soif et de faim ? Une mort atroce. Laisse toi mourir de faim et de soif. Avant la fin, certainement, tu fonceras vers ton frigidaire et ton robinet pour abréger cette souffrance ! Vincent, lui, ne le pourra pas. Tu décides pour lui de la plus cruelle des morts. Tu ne laisserais même pas un chien crever dans ces conditions. Tire lui une balle dans la tête. Au moins, cela sera plus rapide ! Ah, non, tu ne peux pas ? Tu as raison, ce serait un meurtre…
Société botoxée, qui ne supporte pas 3 rides sur un visage, société liftée, qui ne supporte pas trois kilos sur un fessier, société fragilophobe qui ne supporte pas trois chromosomes 21 dans un ADN, tu ne me surprends malheureusement pas à ne pas supporter la fragilité.
Mais apprends que la perfection, telle qu’on te la montre à la télé, dans les clips, dans les magazines, n’existe pas. Car, comme le disait si bien cette campagne de pub, « si nous devions tous être pareils, ce n’est pas moi qu’on prendrait comme modèle, ce n’est pas vous non plus. ».
Tu nous parles de mourir dans la dignité. Mais est ce toi qui va déterminer les critères d’une vie digne ? Oseras-tu dire à ce vieillard grabataire sur son lit d’hôpital qu’il n’est pas digne et qu’il est inutile ? Oseras-tu dire à cette jeune demoiselle en fauteuil, qui ne voit pas et n’entend pas, qu’elle n’est pas digne et qu’elle est inutile ?
Quel avenir réserves-tu à un jeune, autre que de se lever le matin pour gagner sa dignité avec un derrière bien roulé, un bronzage sans trace, des cheveux bien méchés et des muscles en acier ?
N’as-tu rien de mieux à espérer pour l’Homme ?
A l’homme qui ne se lève que pour consommer, que pour posséder plus, que pour son confort, quand viendra le jour inéluctable où son corps sera fatigué et où il ne pourra plus jouir de la vie comme il l’a fait, tu ne laisseras pas d’autre choix que la mort.
Mais à l’homme qui vit dans l’espérance, qui vit dans la charité, qui vit par la Foi, quand viendra la fin, il restera la Vie et l’Amour.
N'oublie pas que s'il y a des plus forts, ce n'est pas pour qu'ils vivent entre eux, mais pour qu'ils servent les plus faibles.
La fragilité ne fait pas la richesse ou la force de l’humanité, elle fait l’humanité.
Société, laisse de la place à la fragilité.
Société, laisse de la place à l’humanité.
Société, laisse vivre Vincent Lambert.
Anonyme.